Aujourd’hui, je voulais vous parler de la campagne du SIDACTION 2019 qui s’appelle “Contre l’oubli”.

Pour ceux qui me suivent sur instagram, j’avais déjà fait pas mal de stories sur le sujet en avril 2019.

Cet article va reprendre mes stories et va le compléter avec des nouvelles choses que j’ai appris depuis avril !!

Allez, c’est parti pour un article informatif et très important pour votre culture générale 😀

Pourquoi la campagne de 2019 s’appelle “Contre l’oubli” ?

La campagne de 2019 s’appelle “Contre l’oubli” et vise à démentir tous les préjugés qu’il y a, à propos du VIH.

Tous les ans, l’association du Sidaction donne un thème pour cibler un sujet à propos du VIH.

Ces dernières années, Sidaction s’est rendu compte que les nouvelles générations (dont la génération ‘Tinder’) étaient de moins en moins informées sur ce sujet et qu’il y avait de plus en plus d’informations inexactes qui circulaient sur les réseaux sociaux.

Par exemple, l’association Sidaction, a réalisé une étude chez 2000 personnes prises au hasard dans la rue chez les 16-25 ans :

  • 21% pense que le VIH se transmet en embrassant une personne atteinte.
  • 18% pense que le VIH se transmet par la transpiration.
  • Et 19% pense que la contraception d’urgence protège contre le VIH.

Toutes ces affirmations sont FAUSSES !!!!
Et ces chiffres m’ont choquée, c’est pour cela que ça me tient à cœur de vous en parler.

Au moins, ceux qui liront cet article, ne divulgueront pas de fausses informations 🙂

Dit-nous quelques chiffres à propos du VIH ? 

Un peu de chiffres, OUI BIEN SÛR !!!

  • 35 millions, c’est le nombre de personnes tuées par le VIH dans le monde depuis les années 1980.
  • 35 millions, c’est aussi le nombre de personnes porteuses du VIH dans le monde c’est-à-dire porteuse d’un virus mortel pour lesquels il n’existe aucune guérison possible… Et ça, c’est loin d’être banal !!!
  • 6000 personnes découvrent chaque année qu’ils sont séropositifs en France.
  • Mais 24 000 personnes vivent avec le VIH sans le savoir en France.
  • Il y a 2 types de VIH : le VIH 1 et le VIH 2. Le 1er est présent dans l’ensemble du monde, contrairement au second qui est présent seulement en Afrique de l’Ouest.

Il faut savoir que l’infection par le VIH est une maladie à déclaration obligatoire. C’est-à-dire que le ministère de la Santé est au courant du nombre EXACT de personne atteinte par le VIH qui ont été consulté un médecin.

C’est très important pour le suivi épidémiologique de cette maladie.

Quelle est la tranche d’âge qui inquiète le plus les autorités sanitaires ?

Les 15-24 ans représentent 11% des nouvelles contaminations en France. Il faut donc agir en priorité sur cette tranche d’âge.

Mais le nombre d’infections chez les seniors à augmenter de 22% depuis 2008.

Et ce n’est pas parce qu’ils sont vieux, qu’on doit les oublier 😅.

Le VIH est présent en France depuis environ les années 80, mais la première campagne télévisée du sidaction était en 1994.

Depuis, il y a des campagnes tous les ans, car ON MEURT TOUJOURS DU SIDA AUJOURD’HUI et on ne GUÉRIT PAS du Sida.

Une fois que le virus VIH est entré dans votre corps, il ne sera jamais totalement éliminé (avec les traitements actuels).

Comment le VIH (Virus de l’Immuno deficience humaine) peut il rentrer dans notre corps ?

1. Par transmission sexuelle :

Des rapports sexuels non protégés par voie vaginale, anale ou buccale (si vous saignez de la bouche) sont des portes d’entrée pour le VIH.

Classiquement, l’ordre de fréquence de transmission est augmenté dans certaines situations :

  • Anal > vaginal
  • Réceptif >insertif
  • Augmenté en cas de traumatisme ou de règles
  • Augmenté si la charge virale de la personne atteinte est élévée ou si il y a co-existence avec une IST (Chlamydiae par exemple).

La seule solution pour se protéger de ce mode de transmission est de mettre un PRESERVATIF.
Tant qu’on n’est pas sûr à 100% que la personne avec qui on a un rapport sexuel n’est pas porteuse du virus, on met un PRESERVATIF.

C’est pour cela qu’il faut mettre un préservatif lors de TOUS les rapports sexuels, tant qu’on a pas été faire le test avec son compagnon auprès d’un centre dépistage pour vérifier que tout est OK.

On couche avec un inconnu =PRESERVATIF

On couche pour la première fois avec son chéri =PRESERVATIF.

2. Par transmission sanguine :
C’est-à-dire par un contact direct entre le sang de la personne infectée et votre sang.

Donc cela concerne par exemple, les toxicomanes qui s’échangent leurs seringues entre eux.

Cela concerne les tatouages ou les piercings, si le matériel utilisé a déjà été utilisé pour une autre personne qui peut être infecté. C’est pour cela qu’il faut bien vérifier que le matériel sort d’un emballage et est tout neuf quand on va chez le tatoueur… Surtout à l’étranger 😅👍.

Et pour finir, cela concerne les accidents d’expositions au sang pour le personnel médical. Exemple d’une infirmière qui se pique avec une aiguille d’un patient atteint du VIH.

3. Par transmission mère-enfant lors de l’accouchement ou en fin de grossesse.
En effet, lors de l’accouchement ou en fin de grossesse, une transmission du VIH est possible entre la mère et l’enfant. Et également par l’allaitement car l’allaitement est contre-indiqué chez toute femme atteinte du VIH.
C’est pour cela que lors de toute 1re consultation de grossesse, on dépiste le VIH. Car si jamais on découvre un VIH en début de grossesse, il faut rapidement mettre en place un traitement afin d’éviter toute transmission à l’enfant.

Cependant à ce jour, une femme atteinte du VIH,  avec une charge virale indétectable peut accoucher par voie basse et n’est pas obligé de subir une césarienne comme il y a quelques années.

Comment et Où se faire dépister du VIH ?

Avant d’enlever le préservatif avec quelqu’un:

– On va dans un centre de dépistage

– On fait une prise de sang

– Et 1 semaine après, on a les résultats, et si tout est OK, on peut enlever le préservatif lors de ses rapports.

=> On peut même jeter toutes ces boîtes de capote et profiter à fond !! 😂😉

Où peut-on se faire dépister ?
-Dans un centre de dépistage
-En demandant à son médecin traitant.
-En pharmacie avec le nouveau Autotest : il consiste à se piquer le bout du doigt pour extraire une goutte de sang et on met un appareil dessus. En 15 minutes, on a le résultat. Il faut savoir que cet autotest peut être positif même si vous n’avez pas le VIH, mais il ne sera pas négatif si vous êtes atteint.

En quoi consiste la prise de sang de depistage ? 

Sur votre sang, les biologistes vont réaliser un test sérologique diagnostique que l’on appelle : ELISA.

Il faut savoir qu’un test de dépistage positif doit toujours être complété par une analyse de confirmation sur le même prélèvement. C’est-à-dire que lorsqu’on vous annonce que vous avez peut-être le VIH (1 semaine après votre prise de sang), et qu’il faut faire des analyses complémentaires… En réalité, il y a déjà 2 tests qui ont été fait sur votre analyse de sang…On vous prélève une nouvelle fois pour être certains afin d’avoir 3 tests positifs au VIH sur votre sang.

 

Comment le VIH se développe dans le corps ?

Alors, une explication, point par point, s’impose 😀 

1) Pénétration du VIH dans une cellule de la personne (en priorité les lymphocytes T CD4 qui sont nos cellules de l’immunité qui nous permettent de nous défendre contre des infections).

2) Transformation de l’ARN du VIH en ADN. (L’ADN c’est ce qui fait notre identité dans nos gènes). En gros, le génome du VIH réussit à faire en sorte que le corps humain le confonde avec une de nos cellules.

3) Intégration de l’ADN du virus dans le génome de l’hôte.

Et c’est là que ça devient la GALÈRE !!!
En gros dans votre ADN qui vous est propre et bien le VIH a réussi à s’y faire une place.

4) Du coup, la cellule ‘mutée’ par le VIH va produire de nouvelles cellules virales. De 1 à 10 milliards de particules virales, sont produites chaque jour chez une personne infectée par le VIH et qui n’est pas traitée.

5) Création de réservoir à virus aux niveaux des ganglions, aux niveaux du système nerveux central…

À ce moment-là, la personne infectée devient séropositive et aura possiblement des signes cliniques comme une fièvre, des douleurs musculaires, des adénopathies (gros ganglions), une éruption cutanée, des diarrhées, des ulcérations
buccales/génitales…

Des signes qu’on assimile à un syndrome grippal et qui ne sont pas parlant. Ce ne sont pas des signes qui nous disent “Olala, je viens d’être infecté par le VIH”. Et parfois, il y aura même, aucun signe lors de l’entrée du VIH dans le corps.

C’est là tout le problème de ce virus.

Heureusement, nous avons tout de même un système immunitaire, qui permet de contrôler la production du virus.
Donc, pendant un certain temps, qu’on appelle la phase de latence, le patient va aller très bien. Et cela peut durer plusieurs années.

C’est à ce moment-là que les personnes séropositives contaminent d’autres personnes, car ils ne sont pas au courant qu’ils ont le VIH et peuvent le transmettre.

Sauf que, cela ne dure qu’un temps (jusqu’à 15 ans maximum) et le système immunitaire fini par être dépassé et s’épuiser.
Les Lymphocytes T CD4 sont tous mangés par le VIH et la personne rentre en stade pré SIDA puis en stade SIDA.

Mais que signifie SIDA ?

Le SIDA est le nom que l’on donne à un ensemble de signe provoqué par le VIH.
À la fois des signes cliniques et à la fois en fonction du nombre de LTCD4.

Car le nombre de LTCD4 nous donne la charge virale = Moins il y a de LTCD4 et plus il y a de virus car le virus du VIH mange nos lymphocytes CD4.

On parle du SIDA lorsqu’une personne à moins de 200 LTCD4. Sachant que la norme chez une personne bien portante est autour de 1000 à 1500 LTCD4.

Peut-on guérir du SIDA ?

A part quelques rares cas très isolé, on ne peut pas guérir du SIDA car on ne peut pas éliminer intégralement le VIH de son corps.
On peut faire en sorte que la charge virale du VIH soit indétéctable, mais pas nulle.

Quels sont les traitements contre le VIH ?

Pour commencer, TOUS PATIENTS ATTEINT DU VIH DOIT ETRE TRAITE mais ce n’est pas une URGENCE !! 

En effet, il faut débuter un traitement, une fois que l’on est sûr que le patient a bien compris sa maladie et une fois qu’on est sûr qu’il va bien prendre ses traitements =>C’est ce qu’on appelle l’éducation thérapeutique.

Il existe un arsenal thérapeutique important pour tenter de diminuer la charge virale au maximum afin que le VIH soit indetectable.

Des traitements agissent sur chaque étape de la pénétration du VIH dans le corps :

– Il y a les antagonistes des co-R CCR5 et les inhibiteurs de fusion qui agissent à la 1re étape, lorsque le VIH se fixe au LTCD4.

– Il y a les inhibiteurs de la transcriptase inverse, qui permettent de bloquer la transformation de l’ARN du VIH en ADN. Le plus connu étant le ténofovir + emtricitabine (Truvada®) à prendre 1 fois par jour.

– Il y a les inhibiteurs de l’intégrase, qui permettent de bloquer l’integration de l’ADN du VIH dans le génome de l’hôte.

– Il y a les inhibiteurs de protéases, qui limittent la production de nouvelles particules virales. Comme par exemple l’Atazanavir ou le Darunavir, en 1 à 2 prises par jour .

Voilà très simplement les différentes thérapeutiques pour tenter de diminuer la charge virale du VIH.

En général, et si la personne n’a pas d’antécédents particuliers, on débutera la prise en charge par : 2 inhibiteurs de la transcriptase inverse associée avec une autre classe (un inhibiteur de protéase ou un inhibiteur de l’intégrase) en prise quotidienne par comprimé.
=> Exemple: ténofovir + emtricitabine (Truvada®) + lopinavir/ritonavir (Kalétra®)
Le 1er traitement est celui qui offre les meilleures chances d’obtenir indétectabilité de la charge virale !!!! TRES IMPORTANT !!! 
Tout les traitements anti-rétroviraux sont à prendre A VIE !!! Ne jamais les arrêter +++

Existe-il un vaccin contre le VIH ?

A ce jour, il n’existe toujours pas de vaccin contre le VIH.
Cependant il existe des traitements préventifs pour les sujets à risque de contamination : Le TRUVADA.

Comment meurt-on du SIDA ?

Le SIDA engendre de nombreuses complications qui peuvent être mortels.

Le SIDA augmente les accidents cardio-vasculaire, les défaillances rénales, le declin cognitif et les troubles psychiatriques. Il augmente également le risque d’avoir des cancers, une cirrhose ou encore des hépatites.

De nombreuses études ont montrées que l’observance du PREMIER traitement mis en place dès l’annonce de la maladie, était un facteur pronostic pour la suite.

C’est-à-dire que, PLUS le 1er traitement est bien pris, et PLUS cela repoussera les autres traitements et PLUS les complications arriveront tardivement. C’est pour cela que la prise en charge doit être optimale et pluri-disciplinaire dès l’annonce diagnostic.

Bien sûr, dans la prise en charge d’une personne atteinte du VIH, il faut éliminer un maximum de facteur de risque qui viennent compliquer la bonne évolution des traitements. Tel que : l’arret du tabac, le controle des dyslipidémies et d’un diabète. Une prise en charge nutritionnelle et la mise en place d’ exercice physique.

Quel est le suivi pour un patient vivant avec le VIH ? 

En règle général, un patient vivant avec le VIH doit consulter son médecin traitant tous les ans pour une réevaluation et consulter son infectiologue tous les 2 ans. 

Peut-on s’automédiqué quand on a le VIH ?

Non, Non et encore NOON !!! 
Les traitements anti-rétroviraux ont beaucoup d’intéractions avec les autres médicaments, il est donc déconseiller de faire de l’auto-médication quand on est atteint du VIH. 
Il faut consulter son médecin traitant devant toute introduction d’un nouveau médicament dans sa routine quotidienne, même devant toute introduction d’un complément alimentaire, ou des infusions à base de plante etc … 

Pour clôturer ? 

Parce que c’est bien beau de parler du VIH mais c’est encore mieux de faire un don pour la recherche !!
Personnelement 1 fois tous les 3 mois je fais un don pour le SIDACTION car c’est pour moi une cause TRES TRES importante.
Si vous aussi vous voulez participer à la recherche contre le VIH, vous pouvez aller sur ce site https://don.sidaction.org/ et faire un don.
En 2018, 11 millions d’euros ont été collectés lors de l’operation SIDACTION.

Aujourd’hui nous avons des outils, mais nous n’arrivons pas à en finir avec cette épidemie du VIH. alors si vous voulez vivre dans un monde sans VIH, parlez-en autour de vous !!

Voici une image tirée des dernières recommandations de la HAS d’octobre 2018 concernant la prise en charge des patients vivant avec le VIH lors d’une consultation de médecine générale.

Cela récapitule tous les points essentiels à prendre en charge 🙂

Mes sources pour cet article : Le collège des enseignants de maladies infectieuses et les recommandations de la Haute Autorité de Santé.